Les moulins du Viaur

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Ouvrage sur les moulins du Viaur

 

Ouvrage en vente en librairie au prix de 26 €.

Couverture ouvrage des moulins

Hydrologie du Viaur

Le Viaur prend sa source au Puech del Pal, à 1155 mètres d’altitude, au sud-ouest de Séverac-le-Château dans le département de l’Aveyron. Dans sa partie nord, il traverse une région très arrosée, le Lévezou, puis au sud, aux abords du Ségala tarnais et aveyronnais, son cours dessine des gorges profondes près de Flauzins avant de s’écouler calmement jusqu’à son confluent avec l’Aveyron à Saint-Martin-Laguépie.

Durant son parcours d’environ 170 km il reçoit de nombreux affluents, tels le Vioulou, le Céor, le Giffou, le Lézert et le Jaoul ainsi qu’une centaine de ruisseaux, soit un réseau hydrographique de près de 800 km avec un bassin versant de 1700 km2compris approximativement entre la rivière Aveyron au nord et la rivière Tarn au sud, ce qui nous amène à considérer un nombre imposant de moulins implantés sur ces cours d’eau.

Son bassin hydrographique est caractérisé par une hydrologie aux étiages pauvres en été et en automne alors que les débits sont assez soutenus au printemps et en hiver. A Laguépie (82), au confluent avec la rivière Aveyron, le débit moyen du Viaur calculé sur près de 70 ans (entre 1937 et 2007) est de l’ordre de 15 m3/s alors qu’en été ce débit peut tomber à moins de 2 m3/s, la plus grosse crue connue étant celle du 14 décembre 1981 avec 465 m3/s. Pour la rivière du Lézert son débit moyen est d’environ 3 m3/s, tombant à près de 100 l/s en été avec la plus forte crue de l’ordre de 130 m3/s en 1996. Le Vioulou de son côté peut tomber à 5 l/s en période de sécheresse.

Actuellement le Viaur a été aménagé en amont avec les barrages EDF du Lévezou et l’aménagement hydroélectrique du Pouget (12) en 1952, détournant ainsi près de la moitié des eaux du Viaur vers le Tarn. Déjà en 1910 un dénommé Vergnes de Castelpers (12) avait projeté d’édifier deux barrages sur le Viaur, l’un à Thuriès dans la commune de Pampelonne (81) et l’autre au moulin de la Soularié près de Jouqueviel. Ce n’est qu’en 1921 que le barrage de Thuriès fut mis en service dans la commune de Pampelonne par la Société des Mines et Fonderies de Zinc de la Vieille Montagne de Decazeville. Actuellement  le barrage est exploité par E.D.F. il permet à l’usine de même nom de fonctionner en éclusé. Le second, appelé barrage de Laurélie, n’a pas vu le jour, une association de sauvegarde de la vallée, « Viaur Vivant », a permis de contrecarrer le projet.

A ces aménagements nous pouvons ajouter les nombreuses chaussées de moulins à eau qui jalonnent le cours du Viaur et de ses principaux affluents. Tout au long de son parcours nous pouvons compter près d’une soixantaine de moulins soit en moyenne un tous les 3 km. Les premières mentions de moulins hydrauliques dans la vallée du Viaur figurent dans le cartulaire de Castelmary en 1367 où il est question d’un moulin sur le Lézert et Hippolyte Barrau dans son ouvrage historique sur le Rouergue signale le moulin de Roaldès à Flavin (12) dès 1227 et que le plus ancien moulin de cette contrée date du IXème siècle avec le moulin de Vabre l’Abbaye sur le Dourdou.

Au début du 20ème siècle, on pouvait compter 45 moulins sur le Viaur, 9 scieries, 11 tuileries, 2 filatures et 3 foulons. Ces moulins servaient à moudre les céréales ou à écraser les pommes à cidre mais aussi à fournir une énergie nécessaire aux forges ou aux scieries.

De la source du Viaur à son embouchure avec l’Aveyron, près de 90 chaussées ont été répertoriées par le service de préservation des milieux aquatiques, mais actuellement peu de moulins sont encore en état de fonctionner. En 1988, dans la commune de Pampelonne (81), Mme Cécile Bézio, descendante d’une lignée de meuniers du moulin de Bondouy, fut l’instigatrice d’une exposition sur les moulins de la vallée.

Tout au long de son parcours, les rives du Viaur côté albigeois ou côté rouergat étaient jalonnées de châteaux ou d’édifices religieux. Certains de ces vestiges témoignent encore de cette occupation féodale : l’Abbaye de Bonnecombe, Notre Dame de Castelpers, la chapelle des Planques, Thuriès, Tourène, Jouqueviel, les Infournats, Castelmary…

Cette vallée du Viaur était favorable à l’implantation des moulins, mais parfois les débits importants de ce cours d’eau créaient des surprises qui pouvaient être  catastrophiques pour leur propriétaire. Nous citerons la crue de 1725 qui détruisit le Pont de Thuriès, celle de 1770 qui emporta le Pont du Diable en face des Infournats, le 6 mars 1783 où la passerelle en bois des Planques fut emportée, ou encore les crues de 1788 et 1875 qui occasionnèrent de nombreux dégâts dans toute la vallée. Ces crues subites et dévastatrices dégradaient considérablement les chaussées des moulins, une intervention rapide du meunier était nécessaire et il fallait investir une somme d’argent non négligeable pour redémarrer l’exploitation du moulin. Parfois le meunier devait demander une aide au préfet car le moulin était indispensable à l’économie de la région, tel fut le cas au Moulin Haut de Tanus (81) en 1876 par exemple.

Même près de la source le Viaur peut devenir dévastateur : le 9 septembre 1909 suite à de violents orages sur la région du Lévezou, les pluies torrentielles ont causé de nombreux dégâts dans les communes de Vezins, du Ségur, de Recoules, du Vibal… Les terres ont été ravinées, des arbres déracinés, les canaux d’amenée aux moulins se sont retrouvés engorgés de branchages et de boues, les moulins et les annexes inondés, des animaux emportés par le courant, et même le meunier du Moulin du Mazet ainsi que son épouse noyés près de Pont de Salars.

Plus près de nous en 1917 une tempête fut à l’origine de la crue de plusieurs ruisseaux qui firent gonfler le Viaur, plusieurs ponts et moulins furent détruits. Dans son livre « Gents del Segalar », Daniel Loddo mentionne : «  Aquel auratge destruiguèt totes los ponts de Montirat a Lagarda, emportèt la rota tot, los molins que i avià, tot… », soit  « Cet orage a détruit tous les ponts de Montirat à Lagarde, et a emporté la route, les moulins, tout… »

La crue du 2 mars 1930, comme sur le Tarn d’ailleurs, fut très importante, ce fut la plus grande crue connue soit près de 500 m3/s. Mais depuis l’implantation des barrages EDF en amont, le bassin versant du Viaur n’a pas subi de crues aussi violentes, ce qui n’empêche pas pour autant que certains villages, comme le Pont-de-Cirou dans les communes de Crespin (12) et de Mirandol-Bourgnounac (81), sont partiellement envahis par les eaux lors d’un caprice saisonnier du Viaur.


 

Généralités sur les moulins du Viaur

Pour édifier un moulin à eau il fallait posséder juridiquement la maitrise du cours d’eau et de ce fait ces moulins étaient d’origine seigneuriale ou appartenaient à un monastère. Les rivières, lorsqu‘elles étaient navigables appartenaient au Roi, celles non navigables appartenaient aux seigneurs Hauts Justiciers lorsqu’elles coulaient dans leur fief. Le seigneur Haut Justicier avait lui seul le droit de construire un moulin sur sa rivière ou d’en permettre la construction sous certaines conditions, généralement par un bail à cens.

 De nombreuses seigneuries et châtellenies jalonnaient la vallée du Viaur mais il serait fastidieux de toutes les citer.

L’énergie hydraulique est une énergie propre et renouvelable qui est à la base du développement industriel : moulins, scieries, taillanderies, forges, aciéries, filatures… Elle peut être directement utilisée ou utilisée après transformation, dans ce cas, c’est l’énergie hydroélectrique. Tout au long de son parcours le Viaur est jalonné de barrages plus ou moins importants. En fonction du débit de la rivière et de la géographie des lieux, ceux-ci sont édifiés afin d’obtenir une chute et d’accumuler une masse d’eau dont l’énergie potentielle est transformée en énergie mécanique récupérée par la machinerie du moulin d'où l'utilité d'une chaussée ou "payssière".

Contrairement à certains moulins situés sur des cours d’eau plus importants, les roues des moulins du Viaur ne sont pas visibles depuis l’extérieur du bâtiment, elles sont horizontales à l’inverse des roues à pales qui sont accolées au bâtiment du moulin. Ces roues (« ou rodet »)  étaient dites à cuillers, elles étaient souvent en bois à l’origine, leur construction était bien plus complexe que les roues verticales du fait de la forme en cuiller des aubes. Mais il existe toujours une exception à la règle, deux scieries en amont du Viaur possédaient des roues verticales  avec des pales en bois, ces roues étaient extérieures au bâtiment.

Les meules à grains provenaient de certaines carrières de la région: les meules en silex provenaient de la région d’Alos (Cordes), celles en calcaire d’Amarens et d’Alayrac. On citera aussi les meulières antiques de La Marèze à Saint-Martin-Laguépie et à Riols, les carrières de St Beauzély dans le Lévezou, de Cassagnettes et de Linars près de Rodez.

Sur le Viaur, le bâtiment du moulin, ainsi que ses annexes sont construits généralement en pierres du pays, gneiss et schiste. Le bâtiment du moulin comprend: la chambre des roues, la chambre des meules et à l'étage le grenier qui servait de réserve, d'atelier et parfois de logement pour le valet.

Dans la vallée du Viaur le moulin hydraulique remplissait généralement les trois fonctions: moulin à céréales (blé et seigle), moulin à huile (noix) et scierie. On rencontrait aussi quelques moulins foulons pour parer les draps (lin et chanvre), quelques martinets pour battre le cuivre ou le fer sans oublier les moulins à aiguiser, les "tournals", utilisés pour l'affûtage des outils tranchants.

Les moulins du plateau du Lévezou et du Pays de Salars

Sur le plateau du Lévezou, près du petit village de La Clau, aux abords du Puech del Pal culminant à 1155 mètres il n’est pas facile de trouver avec certitude la source du Viaur car à cet endroit nous sommes en présence de nombreuses résurgences. Cette partie du Lévezou est très arrosée avec une moyenne de 1000 à 1200 mm par an de précipitation ce qui explique les nombreux petits ruisseaux arrosant le canton de Vezins-de-Lévezou. Dans ce canton, principalement agricole, on trouvait autrefois de petites industries implantées tout au long de ces ruisseaux : moulins à blé et à huile, martinets pour battre le cuivre, tournals, scieries à bois, tanneries et foulons pour traiter la matière première servant au tissage, mais aussi des carrières de grès servant à la construction des meules. Les moulins de cette région sont généralement des « moulins étangs » car ils sont situés sur des petits ruisseaux de faible débit, ils ne fonctionnent pas en permanence mais plutôt en éclusée.

Les moulins des environs de Flavin (12)

Les principaux moulins encore visibles dans cette région:

Moulin du Roualdesq ou Roualdès : Commune de Flavin (12)

 

Moulins de l'Abbaye de Bonnecombe : Commune de Comps-la-Grand-Ville

Moulin de Laval : Commune de Comps-la-Grand-Ville (12)

Les moulins de Ste Juliette-sur-Viaur (12)

Les moulins de cette partie du Viaur:

Moulin de Grand-Fuel : Commune de Ste Juliette-sur-Viaur (12)

Moulin de SERRES : Commune de Ste Juliette-sur-Viaur (12)

Moulin d’Albinet à Sermur : Commune de Ste Juliette-sur-Viaur (12)

Moulin d’Ayres à Tayac : Commune de Ste Juliette-sur-Viaur (12)

 


Les moulins des environs de Tanus (81)

Les différents moulins de cette partie commune aux deux départements:

Moulin de St Just-sur-Viaur, dit aussi Moulin de la Bastide

Moulin du Gô ou moulin de St Martial : Paroisse de St Martin-de-Laval (12)

Moulin Haut de Tanus : Commune de Tanus (81)

Moulin Bas de Tanus : Commune de Tanus (81)


Les moulins de Pampelonne (81)

Plusieurs moulins de cette commune ont été immergé dans le barrage de Thuriès en 1921:

Moulin de Mathieu

Moulin Vieux 

Moulin des Ondes ou Moulin d’Amans (Arrêt par manque d'eau)

D'autres sont restés en état:

Moulin de Bondouy : Commune de Pampelonne (81) 

Moulin de Tourène : Commune de Pampelonne (81)

Moulin de Pignac au Pont-de-Cirou – Commune de Pampelonne (81) 


Les moulins des environs de Mirandol et de Jouqueviel (81)

Les principaux moulins de cette partie aval du Viaur:

Moulin de La Roque : Commune de Crespin (12)

Moulin Neuf du Pont de Cirou : Commune de  Crespin (12)

Filature du Pont de Cirou : Commune de Crespin (12)

La minoterie de Mirandol-Bourgnounac (81)

Le moulin de La Calquière : Commune de Mirandol-Bourgnounac (81)

Moulin de Peyreplane au Port-de-la-Besse : Commune de Mirandol-Bourgnounac (81)

 

Les derniers moulins sur le Viaur

Les derniers moulins de cette vallée:

Moulin de Bar dit moulin de la Vicasse : Commune de Bar (12)

Moulin de Lagarde-Viaur (81) - dit Moulin de Blaise

Moulin de La Granilié : St Dalmaze  commune de St Christophe (81)

Moulin de St Martin-Laguépie (81) : dit Moulin du Pont ou Moulin du Baron

Sources d'informations

Pour plus d'informations sur les moulins hydrauliques de cette vallée, consulter l'ouvrage :

 "Moulins et Meuniers au fil du Viaur" édité par le Contrat de Rivière Viaur à Naucelle (12).

http://viaurnature.e-monsite.com/medias/images/couverture-moulins.jpg

Ouvrage de 250 pages, en vente au prix de 26 € dans la plupart des librairies locales ou directement chez l'auteur.

Le plaisir des maquettes

Pour ceux qui s'intéressent aux moulins miniatures n'oubliez pas de visiter ce site sur les maquettes de moulins: travail minutieux et très instructif.

http://www.lesmoulinsdhenricros.sitew.fr/#Pourquoi_les_moulins.A

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Date de dernière mise à jour : 28/10/2013